C’est parti pour une nouvelle aventure !

Nouvelle aventure, nouvelle compagnie, nouvelle équipe, nouveaux défis et… nouveau blogue ;-)

Dans ce premier billet, je veux partager avec vous la naissance de Certimail, un moyen de vous permettre de découvrir qui nous sommes, d’où nous venons et où nous allons. J’espère aussi que mon expérience puisse servir à d’autres entrepreneurs en démarrage ou en devenir.

Découverte de la loi canadienne anti-pourriel, la plus sévère au monde

Il y a un peu moins d’un an, je découvrais les détails de la loi canadienne anti-pourriel , la fameuse loi C28 lors d’une conférence de mes collègues de Deloitte. Comme de nombreux pionniers du web, j’avais fait partie des premières pétitions pour la création d’une loi canadienne anti-pourriel dès 1999. Même si j’ai suivi les travaux des premiers comités préparatoires mis en place par le gouvernement, mes responsabilités dans l’agence Phéromone que j’avais cofondée en 1994, m’ont éloigné du sujet que je ne suivais plus que de loin.

La présentation détaillée qu’ont faite les spécialistes de Deloitte m’a surpris par l’ampleur de la loi anti-pourriel et l’impact qu’elle aurait sur l’ensemble des entreprises canadiennes. Je compris tout de suite la manne de mandats très lucratifs pour les grands cabinets d’avocats et de consultants qui aideraient les grandes entreprises à réviser l’ensemble de leurs procédures et systèmes pour se conformer. Par contre, je prenais conscience que la plupart des PME ne pourraient dépenser 5 ou 10,000$ pour se faire accompagner par de tels consultants et resteraient désemparées face à cette loi considérée comme la plus complexe et la plus sévère au monde par le Barreau américain.

La Loi C-28, un cauchemar pour les PME

C’est là qu’a commencé à germer l’idée de Certimail. Alors que j’étais en semi-retraite après avoir vendu l’agence que j’ai cofondée et dirigée pendant près de 20 ans, je me suis mis è réfléchir à ce défi : Comment permettre aux PME canadiennes qui représentent 97% des entreprises et une grande partie de la création d’emplois, de s’adapter à la loi C28 sans avoir à débourser des milliers de dollars.

Durant l’été alors que j’accompagnais la direction du Massif dans la définition de leur stratégie de marketing et commerce électronique et que je participais à la stratégie de la plateforme d’art numérique du CCIMAD, je cherchais comment les technologies d’aujourd’hui pourraient permettre de résoudre le défi des PME face à la loi anti-pourriel. C’est en septembre 2013, que j’ai décidé de me lancer et de monter mon plan d’affaires. Deux mois plus tard, j’incorporais la compagnie grâce au programme startup de Fasken et je commençais à solliciter du financement.

La naissance de Certimail

J’ai commencé par solliciter RESO dont le comité d’investissement a beaucoup apprécié mon plan d’affaires et m’offrait un premier financement juste avant Noël. Par la suite, la BDC et la BMO sont venu compléter la première ronde de financement et assurer à Certimail les fonds qu’il fallait pour assurer la création du produit et le démarrage de sa commercialisation.

Ne jamais Accepter un « Non » comme réponse

Ce qui fut pour le moins étrange dans cette démarche, c’est que leurs directeurs de compte, Marc Beausoleil et Mehdi Bakhty ont tous deux réagi de la même façon lorsque je leur ai présenté mon plan d’affaires : « C’est un projet magnifique mais cela ne rentre pas dans nos critères de financement ». Dans les faits tous deux ont fait des pieds et des mains pour pouvoir assouplir les critères et aujourd’hui c’est grâce à leur foi et à leur ténacité que nous existons.

C’est également peu avant Noël que je rencontrais mon fidèle ami et collègue du passé, Chadi Zammar pour valider l’architecture technologique que j’avais conçue. Non seulement il trouvait que l’architecture se tenait mais il montra un grand intérêt à découvrir l’univers startup tout en retravaillant avec moi. Je venais d’embaucher mon premier employé.

En parallèle, grâce à l’aide de l’équipe de Herd Wisdom, une autre startup prometteuse, nous avons trouvé de magnifiques bureaux au-dessus du Griffintown Café que nous avons aménagé durant les fêtes. En janvier, nous nous installions et commencions à monter l’équipe avec Chadi.

Le merveilleux monde de la recherche universitaire

Grâce au programme MITACS Accélération et au soutien du CNRC-PARI, nous avons établi des partenariats de recherche avec 3 universités. Le professeur Vincent Gautrais, titulaire de la Chaire en droit de la sécurité et des affaires électroniques de l’Université de Montréal nous a mis en relation avec une doctorante brillante, Émilie Mouchard qui a été très excitée par notre projet et le défi que représentait la modélisation d’une loi complexe sans jurisprudence pour la rendre accessible à des entrepreneurs sans connaissances légales.

Le professeur Michel C. Desmarais de Polytechnique Montréal nous a mis en relation avec Behzad Beheshti, un autre doctorant spécialisé en intelligence artificielle qui a également embarqué dans le projet de la même façon qu’Inès Affo de l’École de Technologie Supérieure (ÉTS) et Évelyne Pelletier du Laboratoire de recherche en communication multimédia à l’Université de Montréal qui ont travaillé respectivement sur les enjeux de génie logiciel et de tests utilisateurs.

« Soyez réaliste, demandez l’impossible »

Cette citation d’Ernesto Guevarra, dit le Che, est le mantra de tout entrepreneur. Mais quand l’entreprise vise à créer une technologie qui n’existe pas encore, ce mantra devient un principe quotidien.

Aujourd’hui, toute l’équipe travaille d’arrache-pied et dans la bonne humeur pour concevoir mon idée un peu folle de service web qui soit aussi compétent et efficace qu’un consultant tout en étant beaucoup moins cher et plus disponible.

Cela implique de :

  • modéliser complètement la loi anti-pourriel avec ses 91 articles et dispositions, ses 70 règles et ses multiples règlements,
  • créer un système expert qui adapte automatiquement le questionnaire d’audit à l’entreprise qui l’utilise,
  • trouver des algorithmes de recherche opérationnelle qui permettent de trouver les recommandations les plus pertinentes au contexte de l’entreprise auditée,
  • concevoir une expérience qui soit simple et agréable pour des utilisateurs sans qu’ils aient de connaissances légales, marketing ou technologiques.

Et tout cela doit se retrouver dans un prototype fonctionnel d’ici le mois de mai prochain.

Pour avancer en bon ordre, nous utilisons depuis le premier jour la méthodologie Gazelles que j’ai eu le privilège de découvrir lors de mon Entrepreneurial Masters Program au MIT en 2012 et pour laquelle nous bénéficions du coaching de Cléo Maheux, une personne aussi généreuse que brillante.

Mes collègues entrepreneurs me demandent régulièrement si je ne regrette pas mon ancienne entreprise dans laquelle j’étais supporté par une équipe talentueuse de 70 personnes. En fait, cela faisait des années que je n’avais pas été aussi excité par mon travail. Le sentiment de créer quelque chose de nouveau, de mobiliser une équipe pour concrétiser un rêve, de savoir que ce que l’on invente va pouvoir servir des milliers de PME, c’est un sentiment qui est irremplaçable.

C’est un long billet pour inaugurer ce blogue mais il me semble important que vous sachiez qui nous sommes et d’où nous venons.

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